—Déjà... déjà...—hurlait-il en se tordant à terre—déjà mourir, lui... et il n'y a pas un an qu'il est ici avec moi... mais non... ce n'est pas possible....
Et se relevant terrible, menaçant, les yeux enflammés, il saisit le docteur de sa forte et puissante main, et levant une chaise sur le crâne chauve du savant...—il s'écria furieux:
—Je ne veux pas qu'il meure encore, moi! Il n'est pas temps... entends-tu... il n'est pas temps... et s'il meurt... je te tue.
Et il brandissait la chaise avec violence.
—Il ne mourra pas... il ne mourra pas—dit le docteur, pâle et tremblant...—je vous le promets....
Atar-Gull... laissa retomber la chaise... et s'assit par terre près du lit du colon, sa tête cachée dans ses mains....
—Il n'y a que les nègres pour aimer ainsi—disait le médecin en rajustant sa cravate et son collet—c'est du délire... mais c'est admirable... on le dirait qu'on ne le croirait pas.... Mais il paraît pensif, absorbé... je vais profiter de cela pour m'esquiver.... C'en est fait du colon... l'agonie approche... et malgré ma promesse, je ne me soucie pas d'assister à sa mort.
Et le bon docteur se retira suspenso pede, en faisant le moins de bruit possible pour ne pas tirer le noir de sa rêverie.
Il respira plus librement quand il se vit sur l'escalier, quoiqu'il eût encore à affronter le feu des questions de la Bougnol et des commères de chaque étage....
Quand Atar-Gull revint à lui, il chercha le médecin, et, ne le trouvant pas, s'écria: