Mon jour de garde, mon jour de garde! Mais je l’ai montée il y a douze jours... ma garde.

MADAME CRINET, avec ingénuité.

Dame... je ne sais pas... moi; tout ce que je sais, c’est que voilà un billet... qu’on m’a apporté hier.

CRINET lit et le foule aux pieds avec fureur.

Monter la garde aujourd’hui... quand j’ai trois marchés à passer... risquer de perdre peut-être dix mille francs, si je les manque... Non, non, je n’irai pas. On prendra ma tête si l’on veut, mais je ne monterai pas la garde aujourd’hui. Voilà ma tête... qu’on la prenne...

MADAME CRINET.

(A part). Il n’ira pas... Et Régulus qui doit venir.—(haut). Mais, mon Dieu, monsieur Crinet tu sais bien qu’on ne te prendra pas ta tête... Qu’est-ce que tu veux qu’on fasse de ta tête. Ainsi ne fais pas le crâne comme ça... puisque tu finiras toujours par y aller; voyons, mon cœur... sois bien gentil... sois bon citoyen...

CRINET.

Mais c’est une injustice atroce, un guet-apens, un assassinat, et je suis encore cité au conseil de discipline... pour le 15, c’est une abomination, ça n’a pas de nom... Ma parole d’honneur, j’émigrerai à Alger, si le gouvernement continue... Voilà ce qu’il y gagnera.

MADAME CRINET.