Et en même temps sa main brûlante saisit la mienne.
— Comment es-tu ici? lui dis-je stupéfait, en renaissant à l'espérance et m'efforçant de marcher.
— La caverne a deux issues, répondit Elwig: l'une d'elles est secrète et connue de moi seule… c'est par là que je viens d'arriver jusqu'à toi, tandis que les rois m'attendent autour de la chaudière… Viens! viens!… conduis-moi à la barque où est le trésor!
— J'ai les jambes liées, lui dis-je, je peux à peine mettre un pied devant l'autre.
Elwig ne répondit rien; mais je sentis qu'à l'aide de son couteau elle tranchait le cuir des ceinturons et les cordes d'arc qui me garrottaient aux coudes et aux jambes… J'étais libre!…
— Et ton frère, lui dis-je en marchant sur ses pas, est-il revenu à lui?
— Néroweg est encore à demi étourdi, comme le boeuf mal atteint par l'assommoir… Il attend dans sa hutte le moment de ton supplice. Je dois aller lui annoncer l'heure des augures; il veut te voir longtemps souffrir… Viens, viens!…
— L'obscurité est si grande que je ne vois pas devant moi.
— Donne-moi ta main.
— Si ton frère, lassé d'attendre, lui dis-je en me laissant conduire, entre avec les chefs dans cette caverne par l'autre issue, et qu'ils ne trouvent ici ni toi ni moi, ne se mettront-ils pas à notre poursuite?