Le faux Gudin ne put résister à tant d'instances: il consentit et donna rendez-vous pour le lendemain à la belle curieuse.

Elle devait venir à deux heures de l'après-midi, moment où le jour est le plus favorable à la peinture.

À deux heures moins un quart, Eugène Sue, vêtu d'une magnifique livrée attendait dans l'antichambre de Gudin.

À deux heures moins quelques minutes, la sonnette s'agita sous la main tremblante de la belle curieuse.

Eugène Sue alla ouvrir.

La dame, jalouse de tout voir, commença par jeter les yeux sur le domestique, qui lui paraissait d'excellente mine, et qui s'inclinait respectueusement devant elle.

Cet examen fut suivi d'un cri terrible.

— Quelle horreur! Un laquais! Et la dame, se cachant le visage dans son mouchoir, descendit précipitamment l'escalier. Au bal masqué de l'Opéra, Eugène Sue rencontra la dame et voulut renouer connaissance avec elle; mais elle s'obstina, cette fois, à croire qu'il était déguisé, et il n'en obtint, pour toute réponse, que ces mots qu'il avait déjà entendus:

— Quelle horreur! Un laquais!

Vers ce temps, je fis représenter _Henri III, _au Théâtre- Français. De Leuven et Ferdinand Langlé, prévoyant le succès que la pièce devait avoir, vinrent me demander l'autorisation d'en faire la parodie. Je la leur accordai, bien entendu.