— Tu l'as dit, les fils de la _bonne oeuvre _se reconnaissent par des signes qu'ils portent tatoués sur la chair… Notre heure est arrivée, nous donnerons notre cou à la corde… Assez souvent nous avons enroulé le lacet au cou de ceux qui ne servent pas la _bonne oeuvre. _Regarde nos bras et regarde celui de ce jeune homme.

L'officier, interprétant mal les paroles du nègre, dit à Djalma:

— Il est évident que si, comme dit ce nègre, vous ne portez pas au bras ce signe mystérieux… et nous allons nous en assurer; si vous expliquez d'une manière satisfaisante votre présence ici, dans deux heures vous pouvez être mis en liberté.

— Tu ne me comprends pas, dit le nègre à l'officier, le prince
Djalma est des nôtres, car il porte sur le bras gauche le nom de
Bohwanie…

— Oui, il est comme nous fils de la _bonne oeuvre, _ajouta le
Malais.

— Il est comme nous Phansegar, dit l'Indien.

Ces trois hommes, irrités de l'horreur que Djalma avait manifestée en apprenant qu'ils étaient Phansegars, mettaient un farouche orgueil à faire croire que le fils de Kadja-Sing appartenait à leur horrible association.

— Qu'avez-vous à répondre? dit l'officier à Djalma.

Celui-ci haussa les épaules avec une dédaigneuse pitié, releva de sa main droite sa longue et large manche gauche, et montra son bras nu.

— Quelle audace! s'écria l'officier.