— Ce que je joue? Je joue _Le Fils de l'Homme. _Allons, laisse- moi passer, monsieur l'auteur. Les bras tombèrent à Desforges. Déjazet passa. La pièce eut un succès énorme.
Après la représentation, Desforges se fit ouvrir la porte de communication du théâtre avec la salle; il voulait porter la nouvelle à Eugène Sue.
Il se heurte dans le corridor avec un monsieur tout effaré. Ce monsieur, c'était Eugène Sue.
Le hasard avait fait qu'il s'était trouvé dans la salle en même temps que Desforges se trouvait dans les coulisses.
Sur ces entrefaites, le docteur Sue mourut, laissant à peu près vingt-trois ou vingt-quatre mille livres de rentes à Eugène Sue.
Il était temps: les quatre-vingt mille francs du grand-père maternel étaient mangés, ou tout au moins tiraient à leur fin.
Eugène Sue pouvait vivre désormais sans faire de littérature; mais, une fois qu'on a revêtu cette tunique de Nessus, tissée d'espérance et d'orgueil, on ne l'arrache plus facilement de ses épaules.
Notre auteur continua donc sa carrière littéraire par _La
Salamandre, _encore un de ses meilleurs romans; puis parut _La
Coucaratcha, _puis La Vigie de «Koaut-Ven».
Ces trois ou quatre ouvrages placèrent bruyamment Eugène Sue au rang des littérateurs modernes, mais soulevèrent contre lui la grande question d'immoralité qui l'a si longtemps poursuivi.
Faisons halte un instant et examinons cette question.