— Dieu merci! moi et ces enfants nous comptons sur ce retour; mais pourquoi ne trouverons-nous demain à la fabrique ni M. Hardy ni le père Simon?

— Ils sont partis depuis dix jours pour aller examiner et étudier une usine anglaise établie dans le Midi; mais ils seront de retour d'un jour à l'autre.

— Diable… cela me contrarie assez… Je comptais sur le père du général pour causer d'affaires importantes. Du reste, on doit savoir où lui écrire. Tu lui feras donc, dès demain, savoir, mon garçon, que ses petites-filles sont arrivées ici. En attendant, mes enfants, ajouta le soldat en se retournant vers Rose et Blanche, la bonne femme vous donnera son lit, et à la guerre comme à la guerre, pauvres petites, vous ne serez pas du moins plus mal ici qu'en route.

— Tu sais que nous nous trouverons toujours bien auprès de toi et de madame, dit Rose.

— Et puis, nous ne pensons qu'au bonheur d'être enfin à Paris… puisque c'est ici que nous retrouverons bientôt notre père… ajouta Blanche.

— Et avec cet espoir-là, on patiente, je le sais bien, dit
Dagobert; mais c'est égal, d'après ce que vous attendiez de
Paris… Vous devez être fièrement étonnées… mes enfants.

Dame! jusqu'à présent, vous ne trouverez pas tout à fait la ville d'or que vous aviez rêvée, tant s'en faut; mais patience… patience… vous verrez que ce Paris n'est pas aussi vilain qu'il en a l'air.

— Et puis, dit gaiement Agricol, je suis sûr que, pour ces demoiselles, ce sera l'arrivée du maréchal Simon qui changera Paris en une véritable ville d'or.

— Vous avez raison, monsieur Agricol, dit Rose en souriant; vous nous avez devinées.

— Comment! mademoiselle… vous savez mon nom?