— Bonne et excellente fille… dit Agricol de plus en plus ému.
— Il faudra tâcher de partir avant le réveil de ton père… Le quartier où demeure cette demoiselle est si désert… que ce sera presque te cacher… que d'y aller…
— Il me semble entendre la voix de mon père, dit tout à coup
Agricol.
En effet, la chambre de la Mayeux était si voisine de la mansarde du forgeron, que celui-ci et la couturière, prêtant l'oreille, entendirent Dagobert qui disait dans l'obscurité:
— Agricol, est-ce que tu dors, mon garçon?… Moi, mon premier somme est fait… la langue me démange en diable…
— Va vite, Agricol, dit la Mayeux, ton absence pourrait l'inquiéter… En tout cas, ne sors pas demain matin avant que je puisse te dire… si j'ai vu quelque chose d'inquiétant.
— Agricol… tu n'es donc pas là? reprit Dagobert d'une voix plus haute.
— Me voici, mon père, dit le forgeron en sortant du cabinet de la Mayeux et en entrant dans la mansarde de son père; j'avais été fermer le volet d'un grenier que le vent agitait… de peur que le bruit ne te réveillât…
— Merci, mon garçon… mais ce n'est pardieu pas le bruit qui m'a réveillé, dit gaiement Dagobert, c'est une _faim _enragée de causer avec toi… Ah! mon pauvre garçon, c'est un fier dévorant qu'un vieux bonhomme de père qui n'a pas vu son fils depuis dix- huit ans!…
— Veux-tu de la lumière, mon père?