Il tomba dans un profond marasme.

Tous les amis des jours de jeunesse et de folies avaient disparu.
Une autre société s'était faite autour de l'auteur de talent.

Au nombre des jeunes hommes qu'Eugène Sue voyait le plus à cette époque était Ernest Legouvé.

Legouvé est un esprit sain, un coeur droit, une âme chrétienne.

Il se trouvait, sinon parent, du moins allié d'Eugène Sue. La première femme du docteur Sue était devenue, après divorce, la seconde femme du père de Legouvé, l'auteur du Mérite des femmes.

Ernest Legouvé s'inquiéta de l'état dans lequel il voyait Eugène.

Il avait lui-même pour ami un homme non seulement à l'âme droite, mais au coeur fort. C'était Goubaux.

Goubaux connaissait peu Eugène Sue, ne l'ayant vu que deux ou trois fois et sans intimité; il n'en accepta pas moins cette mission que lui confiait Legouvé et qui avait pour but de relever, par la force, par la raison et par la droiture, cette âme brisée qui n'avait la force que de gémir.

Goubaux trouva le malade dans une atonie morale complète; tout venait de lui manquer à la fois: fortune, amitié, amour!

Goubaux essaya de le renouveler par la gloire.