— Mais ce n'est pas tout, reprit la princesse, il y a encore, sans compter ma nièce, deux personnes qui, pour nos intérêts, ne doivent pas se trouver à Paris le 13 février.
— Oui, M. Hardy… mais son ami le plus cher, le plus intime, le
trahit: il est à nous, et par lui on a attiré M. Hardy dans le
Midi, d'où il est presque impossible qu'il revienne avant un mois.
Quant à ce misérable ouvrier vagabond surnommé Couche-tout-nu…
— Ah!… fit la princesse avec une exclamation de pudeur révoltée…
— Cet homme ne nous inquiète pas… Enfin Gabriel, sur qui repose notre espoir certain, ne sera pas abandonné d'une minute jusqu'au grand jour… Tout semble donc nous promettre le succès… et plus que jamais… il nous faut à tout prix le succès. C'est pour nous une question de vie ou de mort… car en revenant je me suis arrêté à Forli… J'ai vu le duc d'Orbano; son influence sur l'esprit du roi est toute-puissante… absolue… il a complètement accaparé son esprit, c'est donc avec le duc seul qu'il est possible de traiter…
— Eh bien?
— D'Orbano se fait fort, et il le peut, je le sais, de nous assurer une existence légale, hautement protégée dans les États de son maître, avec le privilège exclusif de l'éducation de la jeunesse… Grâce à de tels avantages, il ne nous faudrait pas en ce pays plus de deux ou trois ans pour y être tellement enracinés, que ce serait au duc d'Orbano à nous demander appui à son tour; mais aujourd'hui qu'il peut tout, il met une condition absolue à ses services.
— Et cette condition?…
— 5 000 000 comptants, et une pension annuelle de 100 000 francs.
— C'est beaucoup!…
— Et c'est peu, si l'on songe qu'une fois le pied dans ce pays, on rentrerait promptement dans cette somme, qui, après tout, est à peine la huitième partie de celle que l'affaire des médailles, heureusement conduite, doit assurer à l'ordre…