— Quelqu'un à qui j'ai donné rendez-vous ce matin… pour aller dans le couvent de Sainte-Marie qui est voisin de cette maison, dit le docteur avec accablement.
— Maintenant, qu'avez-vous à me répondre? dit Adrienne avec une angoisse mortelle.
Après un moment de silence solennel, pendant lequel il tourna la tête vers le guichet, le docteur dit d'une voix profondément émue:
— Je suis… ce que j'ai toujours été… un ami… incapable de vous tromper.
Adrienne devint d'une pâleur mortelle. Puis elle tendit la main à M. Baleinier, et lui dit d'une voix qu'elle tâchait de rendre calme:
— Merci… J'aurai du courage… Et ce sera-t-il bien long?
— Un mois peut-être… la solitude… la réflexion, un régime approprié, mes soins dévoués… Rassurez-vous… tout ce qui sera compatible avec votre état… vous sera permis; on aura pour vous toutes sortes d'égards… Si cette chambre vous déplaît, on vous en donnera une autre…
— Celle-ci ou une autre… peu importe, répondit Adrienne avec un accablement morne et profond.
— Allons! courage… rien n'est désespéré.
— Peut-être… vous me flattez, dit Adrienne avec un sourire sinistre. Puis elle ajouta: