Alors, poursuivant sa voie nouvelle, c'est-à-dire la voie socialiste, Eugène Sue publie Le Juif errant, Martin, Les Sept Péchés capitaux.

Grâce à l'admirable marché qui lui avait été fait, il avait pu payer ses dettes, et retrouver, en partie du moins, cet ancien luxe qui lui était si nécessaire. Il avait sa maison de la rue de la Pépinière, à Paris, et son _château _des Bordes.

Ce château des Bordes lui a été tant reproché, qu'il faut que nous disions un peu ce que c'était que ce fameux château, où nous l'avons été voir en 1846 ou 1847.

Les Bordes, c'est-à-dire le véritable château, appartenaient à son beau-frère, M. Caillard.

À l'extrémité du parc, il y avait une espèce de grange abandonnée.

Eugène Sue, qui logeait aux Bordes, mais qui n'y trouvait pas toutes les conditions de liberté et de solitude désirables pour son travail, demanda à son beau-frère de lui céder cette grange, ce qu'il n'eut pas de peine à obtenir.

Il la fit diviser en plusieurs compartiments, y ajouta une serre, et ce fut le château des Bordes.

Eh! mon Dieu, oui, un véritable château; le goût est un enchanteur dont la baguette bâtit des palais.

Avec des fleurs, des étoffes, de l'argenterie, des vases de Chine, l'enchanteur, qui de rien avait fait _Mathilde _et _Les Mystères de Paris, _fit d'une grange un palais.

Là, son coeur, usé, brisé, desséché par les amours parisiennes, retrouva une certaine fraîcheur; là, l'homme qui, depuis dix ans, n'aimait plus, aima de nouveau.