— Ah! quel malheur! quel malheur! et ne pouvoir rien! dit Céphyse en cachant sa tête entre ses mains.
— Écoute, Céphyse, reprit Jacques d'une voix douloureusement émue, depuis que je suis là, je ne pense qu'à une chose… à ce que tu vas devenir.
— Ne t'inquiète pas de moi…
— Que je ne m'inquiète pas de toi! mais tu es folle! Comment feras-tu? Le mobilier de nos deux chambres ne vaut pas deux cents francs. Nous dépensions si follement que nous n'avons pas seulement payé notre loyer. Nous devons trois termes… il ne faut donc pas compter sur la vente de nos meubles, je te laisse sans un sou. Au moins, moi, en prison, on me nourrit… mais toi, comment vivras-tu!
— À quoi bon te chagriner d'avance!
— Je te demande comment tu vivras demain! s'écria Jacques.
— Je vendrai mon costume, quelques effets; je t'enverrai la moitié de l'argent, je garderai le reste; ça me fera quelques jours.
— Et après?… après?
— Après!… dame… alors… je ne sais pas, moi. Mon Dieu, que veux-tu que je te dise!… après, je verrai.
— Écoute, Céphyse, reprit Jacques avec une amertume navrante, c'est maintenant que je vois comme je t'aime… j'ai le coeur serré comme dans un étau en pensant que je vais te quitter… ça me donne des frissons de ne pas savoir ce que tu deviendras…