— Je pourrais vous dire: Prince, je connais vos ennemis; mais dans la crainte de vous voir commettre quelque terrible imprudence, je vous cacherai leurs noms à tout jamais. Eh bien, non, je vous jure que, si la respectable personne qui vous aime comme un fils trouve juste et utile que je vous dise ces noms, je vous les dirai; mais jusqu'à ce qu'elle ait prononcé, je me tairai.

Djalma regarda Rodin d'un air sombre et courroucé. À ce moment,
Faringhea entra et dit à Rodin:

— Un homme, porteur d'une lettre, est allé chez vous… On lui a dit que vous étiez ici… Il est venu… Faut-il recevoir cette lettre? il dit que c'est de la part de M. l'abbé d'Aigrigny…

— Certainement, dit Rodin. Et puis il ajouta:

— Si le prince le permet? Djalma fit un signe de tête, Faringhea sortit.

— Vous pardonnez, cher prince? J'attendais ce matin une lettre fort importante; comme elle tardait à venir, ne voulant pas manquer de vous voir, j'ai recommandé chez moi de m'envoyer cette lettre ici.

Quelques instants après, Faringhea revint avec une lettre qu'il remit à Rodin; après quoi le métis sortit.

IX. Adrienne et Djalma.

Lorsque Faringhea eut quitté le salon, Rodin prit la lettre de l'abbé d'Aigrigny d'une main et de l'autre parut chercher quelque chose, d'abord dans la poche de côté de sa redingote, puis dans sa poche de derrière, puis dans le gousset de son pantalon; puis enfin, ne trouvant rien, il posa la lettre sur le genou râpé de son pantalon noir, et se _tâta _partout, des deux mains, d'un air de regret et d'inquiétude.

Les divers mouvements de cette pantomime, jouée avec une bonhomie parfaite, furent couronnés par cette exclamation: