— Parce que le père Simon ne quitterait son état et sa fabrique pour rien au monde, il est né ouvrier, il veut mourir ouvrier, quoiqu'il ait pour fils un duc, un maréchal de France.
III. Le secret.
Après que l'étonnement fort naturel qu'Angèle avait éprouvé à l'arrivée du maréchal Simon fut dissipé, Agricol lui dit en souriant:
— Je ne voudrais pas, mademoiselle Angèle, profiter de cette circonstance pour m'épargner de vous dire le secret de toutes les merveilles de notre maison commune.
— Oh! je ne vous aurais pas non plus laissé manquer à votre promesse, monsieur Agricol, répondit Angèle; ce que vous m'avez déjà dit m'intéresse trop pour cela.
— Écoutez-moi donc, mademoiselle, M. Hardy, en véritable magicien, a prononcé trois mots cabalistiques: — ASSOCIATION, — COMMUNAUTÉ, — FRATERNITÉ. Nous avons compris le sens de ces paroles, et les merveilles que vous voyez ont été créées, à notre grand avantage, et aussi, je vous le répète, au grand avantage de M. Hardy.
— C'est toujours cela qui me paraît extraordinaire, monsieur
Agricol.
— Supposez, mademoiselle, que M. Hardy, au lieu d'être ce qu'il est, eût été seulement un spéculateur au coeur sec, ne connaissant que le produit, se disant: «Pour que ma fabrique me rapporte beaucoup, que faut-il? Main-d'oeuvre parfaite, grande économie de matières premières, parfait emploi du temps des ouvriers, en un mot, économie de fabrication afin de produire à très bon marché; excellence des produits afin de vendre très cher…»
— Certainement, monsieur Agricol, un fabricant ne peut exiger davantage.
— Eh bien, mademoiselle, ces exigences eussent été satisfaites… ainsi qu'elles l'ont été; mais comment? Le voici: