— Oui, mais je ne peux pas te voir.

— Cela vaut mieux… Il paraît qu'il y a un moment, bien court… il est vrai… où l'on souffre beaucoup… Et… ajouta Céphyse d'une voix émue, autant ne pas nous voir souffrir.

— Tu as raison, Céphyse…

— Laisse-moi baiser une dernière fois tes beaux cheveux, dit Céphyse en pressant contre ses lèvres la chevelure soyeuse qui couronnait le pâle et mélancolique visage de la Mayeux, et puis après, nous nous tiendrons tranquilles…

— Soeur… ta main… dit la Mayeux; une dernière fois, ta main… et après comme tu le dis, nous ne bougerons plus… et nous n'attendrons pas longtemps, je crois, car je commence à me sentir étourdie… et toi… soeur?

— Moi?… pas encore, dit Céphyse, je ne m'aperçois que de l'odeur du charbon.

— Tu ne prévois pas à quel cimetière on nous mènera? dit la
Mayeux après un moment de silence.

— Non; pourquoi cette question?

— Parce que je préférerais le Père-Lachaise… j'y ai été une fois avec Agricol et sa mère… Quel beau coup d'oeil… partout des arbres… des fleurs… du marbre… sais-tu que les morts… sont mieux logés… que les vivants et…

— Qu'as-tu, soeur?… dit Céphyse à la Mayeux, qui s'était interrompue après avoir parlé d'une voix plus lente.