— Ne prenez pas cette chaise-là, madame: elle a un pied de moins.
Adrienne mit la main sur un autre siège.

— Ne prenez pas celui-là non plus, le dossier ne tient à rien du tout, s'écria de nouveau Rose-Pompon.

Et elle disait vrai, car le dossier de cette chaise (il représentait une lyre) resta entre les mains de Mlle de Cardoville, qui le replaça discrètement sur le siège en disant:

— Je crois, mademoiselle, que nous pourrons causer tout aussi bien debout.

— Comme vous voudrez, madame, répondit Rose-Pompon, en se campant d'autant plus crânement sur la hanche, qu'elle se sentait plus troublée.

Et l'entretien de Mlle de Cardoville et de la grisette commença de la sorte.

XXIV. L'entretien.

Après une minute d'hésitation, Rose-Pompon dit à Adrienne, dont le coeur battait vivement:

— Je vais, madame, vous dire tout de suite ce que j'ai sur le coeur; je ne vous aurais pas cherchée; puisque je vous trouve, il est bien naturel que je profite de la circonstance.

— Mais, mademoiselle, dit doucement Adrienne… pourrais-je du moins savoir le sujet de l'entretien que nous devons avoir ensemble?