— Oui, ma cousine, répondit Djalma, qui avait rougi au mot d'abord.
_— _Comme la franchise est de mise entre amis, répondit Adrienne, je vous ferai d'abord un reproche… ajouta-t-elle avec un demi-sourire en regardant le prince.
Celui-ci, au lieu de s'asseoir, restait debout, accoudé à la cheminée, dans une attitude remplie de grâce et de respect.
— Oui, mon cousin… reprit Adrienne, un reproche que vous me pardonnerez peut-être… en un mot, je vous attendais… un peu plus tôt…
— Peut-être, ma cousine, me blâmerez-vous de n'être pas venu plus tard.
— Que voulez-vous dire?
— Au moment où je sortais… de chez moi, un homme que je ne connaissais pas s'est approché de ma voiture, et m'a dit avec tant de sincérité que je l'ai cru: «Vous pouvez sauver la vie d'un homme qui a été un père pour vous… le maréchal Simon est en grand péril; mais, pour lui venir en aide, il faut me suivre à l'instant…»
— C'était un piège, s'écria vivement Adrienne, le maréchal Simon, il y a une heure à peine… est venu ici…
— Lui!… s'écria Djalma avec joie, et comme s'il eût été soulagé d'un pénible poids, ah! du moins, ce beau jour ne sera pas attristé.
— Mais, mon cousin, reprit Adrienne, comment ne vous êtes-vous pas défié de cet émissaire?