— Et… qu'est-ce que M. Rodin?
— Un bon vieux monsieur qui relève d'une longue maladie qui a failli l'emporter. Depuis quelques jours à peine il est convalescent; mais il est toujours si triste et si faible qu'il fait peine à voir; ce qui est grand dommage, car il n'y a pas de plus digne, de plus brave homme dans la maison… si ce n'est monsieur, qui vaut bien M. Rodin, ajouta le domestique en s'inclinant d'un air respectueusement flatteur.
— M. Rodin? dit M. Hardy pensif, cela est singulier, je ne me rappelle pas ce nom, ni aucun événement qui s'y rattache.
— Si monsieur veut me donner sa réponse, reprit le domestique, je la porterai à M. Rodin; il est chez le père d'Aigrigny, à qui il est allé faire ses adieux.
— Ses adieux?
— Oui, monsieur, les chevaux de poste viennent d'arriver.
— Pour qui? demanda M. Hardy.
— Pour le père d'Aigrigny, monsieur.
— Il va donc en voyage? dit M. Hardy assez étonné.
— Oh! ce n'est sans doute pas pour rester bien longtemps absent, dit le domestique d'un air confidentiel, car le révérend père n'emmène personne et n'emporte qu'un léger bagage. D'ailleurs le révérend père viendra sans doute faire ses adieux à monsieur… Mais que faut-il répondre à M. Rodin?