— Vous avez un intérêt quelconque à vous entêter à rester là malgré moi… quand je vous dis de vous en aller.
— J'ai eu l'honneur de vous dire le but de ma visite, mon cher monsieur.
— Des nouvelles du maréchal Simon, n'est-ce pas?
— C'est cela même; je suis assez heureux pour avoir des nouvelles de M. le maréchal, répondit Rodin en se rapprochant de nouveau des jeunes filles comme pour regagner le terrain qu'il avait perdu, et il leur dit:
— Oui, mes chères demoiselles, j'ai des nouvelles de votre glorieux père.
— Alors, venez tout de suite chez moi, vous me les direz, reprit
Dagobert.
— Comment!… vous avez la cruauté de priver ces chères demoiselles… d'entendre… les nouvelles que…
— Mordieu! monsieur, s'écria Dagobert d'une voix tonnante, vous ne voyez donc pas qu'il me répugne de jeter un homme de votre âge à la porte! Ça finira-t-il!
— Allons, allons, dit doucement Rodin, ne vous emportez pas contre un vieux bonhomme comme moi… Est-ce que j'en vaux la peine?… Allons chez vous… soit… Je vous conterai ce que j'ai à vous conter… et vous vous repentirez de ne m'avoir pas laissé parler devant ces chères demoiselles, ce sera votre punition, méchant homme!
Ce disant, Rodin, après s'être de nouveau incliné, cachant son dépit et sa colère, passa devant Dagobert, qui ferma la porte après avoir fait un signe d'intelligence aux deux soeurs, qui restèrent seules.