Ce ne sont pas des yeux, ce sont plutôt des dieux!
Ils ont dessus les rois la puissance absolue.
Dieux... non; ce sont des cieux... ils ont la couleur bleue
Et le mouvement prompt comme celui des cieux.

—Il faudrait pourtant choisir, chevalier, dit la Barbe-Bleue. Sont-ce des yeux des dieux ou des cieux?

Croustillac reprit avec un merveilleux à propos.

Cieux! non; mais deux soleils clairement radieux,
Dont les rayons brillants nous offusquent la vue.
Soleils... non; mais éclairs de puissance inconnue
Des foudres de l’amour signes présagieux.

—Décidément, chevalier, je voudrais savoir à quoi vous vous arrêtez... soleils... je l’avoue... me plaisait assez... dieux aussi...

Croustillac continua avec une molle langueur:

Ah! s’ils étaient des dieux feraient-ils tant de mal?
Si des cieux... Ils auraient leur mouvement égal;
Deux soleils ne se peut, le soleil est unique...

—Ah! mon Dieu... chevalier, voici que vous me ravissez maintenant toutes ces charmantes comparaisons... il ne me reste plus qu’éclairs...

Croustillac secoua la tête...

Éclairs... non; car ceux-ci durent trop et trop clairs;
Toutefois, je les nomme afin que je m’explique,
Des YEUX... des DIEUX... des SOLEILS... des ÉCLAIRS...