—Mais, chevalier...

—Mais, monseigneur, je vous poursuivrai incessamment de cet argument ad hominem (c’est tout mon latin), comme le Flamand me poursuivait de son éternel poignard.

—Vous vous trompez, mon digne et brave chevalier, en croyant votre position aussi désespérée lorsque je me serai livré à M. de Chemeraut.

—Prouvez-moi cela, monseigneur...

—Sans insister trop sur mon rang et sur ma position, ils sont tels qu’on sera toujours obligé de compter avec moi. Aussi, lorsque je dirai à M. de Chemeraut que je désire... que je veux que vous ne soyez pas inquiété pour un trait qui vous honore, je ne doute pas que M. de Chemeraut ne s’empresse de m’agréer en cela, et de vous mettre en liberté.

—Monseigneur... permettez-moi de vous dire que vous vous abusez complétement.

—Mais que pourrait-il vouloir de plus? Ne serais-je pas en son pouvoir? Que lui importera votre capture?

—Monseigneur, vous avez été homme d’État, vous avez été conspirateur, vous êtes très grand seigneur, par conséquent vous devez connaître les hommes, et vous raisonnez, pardonnez ma hardiesse, comme si vous ne les connaissiez pas du tout... ou plutôt, votre généreux vouloir à mon endroit vous aveugle...

—Non, certes... chevalier.

—Écoutez, monseigneur, vous m’accorderez, n’est-ce pas, que les intelligences qu’on s’est ménagées en Angleterre, que la part que prend Louis XIV à toute cette intrigue prouvent l’importance de la mission du Chemeraut?