—Ah! monsieur Rodolphe, ne m'avez-vous pas comblée?

—En quoi? J'ai acheté cette ferme. Au temps de votre prospérité, vous faisiez, par goût, valoir vos biens; vous avez consenti à me servir de régisseur; grâce à vos soins excellents, à votre intelligente activité, cette métairie me rapporte...

—Vous rapporte, monsieur? dit Mme Georges interrompant Rodolphe; n'est-ce pas moi qui paye le fermage à notre bon abbé Laporte? et cette somme n'est-elle pas, selon vos ordres, distribuée par lui en aumônes?

—Eh bien! n'est-ce pas un excellent rapport? Mais vous avez fait prévenir ce cher abbé de mon arrivée, n'est-ce pas? Je tiens à lui recommander ma protégée. Il a reçu ma lettre?

—M. Murph la lui a portée ce matin en arrivant.

—Dans cette lettre, je racontais, en peu de mots, à notre bon curé, l'histoire de cette pauvre enfant. Je n'étais pas certain de pouvoir venir aujourd'hui; dans ce cas, Murph vous aurait amené Marie.

Un valet de ferme interrompit cet entretien, qui avait eu lieu dans le jardin.

—Madame, M. le curé vous attend.

—Les chevaux de poste sont-ils arrivés, mon garçon? dit Rodolphe.

—Oui, monsieur Rodolphe; on attelle.