—Je le crois bien... c'est tout ce que je possède au monde.
—Comment! vous n'avez rien à vous?
—Rien.
—Mais ce collier de corail?
—C'est à l'ogresse.
—Comment! vous ne possédez pas un chiffon, un bonnet, un mouchoir?
—Non, rien... rien... que les branches sèches de mon pauvre rosier. C'est pour cela que j'y tiens tant...
À chaque mot, l'étonnement de Rodolphe redoublait; il ne pouvait comprendre cet épouvantable esclavage, cette horrible vente du corps et de l'âme pour un abri sordide, quelques haillons et une nourriture immonde[73].
Rodolphe et la Goualeuse arrivèrent au quai aux Fleurs: un fiacre les attendait. Rodolphe y fit monter la Goualeuse; il monta après elle et dit au cocher:
—À Saint-Denis... Je dirai plus tard le chemin qu'il faudra prendre.