Alors sa tête se renverse en arrière, son visage s'injecte et bleuit, son cou devient livide et gonflé, ses bras se roidissent et, dans une dernière convulsion, la noyée agonisante agite ses pieds, qui reposaient sur la vase.
Elle est alors entourée d'un nuage de bourbe noirâtre qui remonte avec elle à la surface de l'eau.
À peine la noyée exhale-t-elle son dernier souffle qu'elle est déjà couverte d'une myriade de reptiles microscopiques, vorace et horrible vermine de la bourbe...
Le cadavre reste un moment à flot, oscille encore quelque peu, puis s'abîme lentement, horizontalement, les pieds plus bas que la tête, et commence à suivre entre deux eaux le courant du canal.
Quelquefois le cadavre tourne sur lui-même, et son visage se trouve en face du Maître d'école; alors le spectre le regarde fixement de ses deux gros yeux glauques, vitreux, opaques... ses lèvres violettes s'agitent...
Le Maître d'école est loin de la noyée, et pourtant elle lui murmure à l'oreille: «Glou... glou... glou...» en accompagnant ces mots bizarres du bruit singulier que fait un flacon submergé en se remplissant d'eau.
La chouette répète: «Glou... glou... glou...» en agitant ses ailes, et s'écrie:
—La femme du canal Saint-Martin!... Assassin!... Assassin!... Assassin!...
Les échos souterrains lui répondent... mais, au lieu de se perdre peu à peu dans les entrailles de la terre, ils deviennent de plus en plus retentissants et semblent se rapprocher.
Le Maître d'école croit entendre ces éclats de rire retentir d'un pôle à l'autre.