—Eh bien! Clara, eh bien! Marie, dit la fermière en approchant du groupe, venez-vous déjeuner? Allons, mes enfants, il est déjà tard!

—Maman, s'écria Clara, défendez ma sœur des insultes de cette femme, et elle montra la veuve; de grâce, renvoyez-la d'ici. Si vous saviez toutes les insolences qu'elle a l'audace de dire à Marie...

—Comment? Elle oserait?...

—Oui, maman... Voyez, pauvre petite sœur, comme elle est tremblante... elle peut à peine se soutenir... Ah! c'est une honte qu'une telle scène se passe chez nous... Marie, pardonne-nous, je t'en supplie!

—Mais qu'est-ce que cela signifie? demanda Mme Dubreuil en regardant autour d'elle d'un air inquiet, après avoir remarqué l'accablement de la Goualeuse.

—Madame sera juste, elle... bien sûr..., murmurèrent les laboureurs.

—Voilà Mme Dubreuil; c'est toi qui vas être mise à la porte, dit la veuve à Fleur-de-Marie.

—Il est donc vrai! s'écria Mme Dubreuil à la laitière, qui tenait toujours Fleur-de-Marie par le bras, vous osez parler de la sorte à l'amie de ma fille! Est-ce ainsi que vous reconnaissez mes bontés? Voulez-vous laisser cette jeune personne tranquille!

—Je vous respecte, madame, et j'ai de la reconnaissance pour vos bontés, dit la veuve en abandonnant le bras de Fleur-de-Marie; mais avant de m'accuser et de me chasser de chez vous avec mes enfants, interrogez donc cette malheureuse. Elle n'aura peut-être pas le front de nier que je la connais et qu'elle me connaît aussi.

—Mon Dieu, Marie, entendez-vous ce que dit cette femme? demanda Mme Dubreuil au comble de la surprise.