La veuve, tenant toujours le bâton à la main, pinçant de plus en plus ses lèvres pâles, regardait François d'un œil fixe, sans prononcer un mot.
Au léger tremblement des mains d'Amandine, dont la tête était baissée, à la rougeur qui couvrit subitement son cou, on voyait que l'enfant, quoique habituée à de pareilles scènes, s'effrayait du sort qui attendait son frère.
Celui-ci, réfugié dans un coin de la cuisine, semblait craintif et irrité.
—Prends garde à toi, ma mère va se lever, et il ne sera plus temps! dit la grande sœur.
—Ça m'est égal, reprit François en pâlissant. J'aime mieux être battu comme avant-hier... que d'aller dans le bûcher... et la nuit... encore...
—Et pourquoi ça? reprit Calebasse avec impatience.
—J'ai peur dans le bûcher... moi..., répondit l'enfant en frissonnant malgré lui.
—Tu as peur... imbécile... et de quoi?
François hocha la tête sans répondre.
—Parleras-tu?... De quoi as-tu peur?