Pendant quelques minutes Martial resta faible, hagard, cherchant à se remettre de cette violente secousse qui avait épuisé ses forces défaillantes.
La Louve sauvait son amant au moment où, anéanti, désespéré, il se sentait mourir, moins encore par le manque d'aliments que par la privation d'air, impossible à renouveler dans une petite chambre sans cheminée, sans issue, et hermétiquement fermée, grâce à l'atroce prévoyance de Calebasse, qui avait bouché avec de vieux linges jusqu'aux moindres fissures de la porte et de la croisée.
Palpitante de bonheur et d'angoisse, les yeux mouillés de pleurs, la Louve, à genoux, épiait les moindres mouvements de la physionomie de Martial.
Celui-ci semblait peu à peu renaître en aspirant à longs traits un air pur et salubre.
Après quelques tressaillements, il releva sa tête appesantie, poussa un long soupir et ouvrit les yeux.
—Martial, c'est moi, c'est ta Louve! Comment vas-tu?
—Mieux, répondit-il d'une voix faible.
—Mon Dieu! qu'est-ce que tu veux? De l'eau, du vinaigre?
—Non, non, reprit Martial de moins en moins oppressé. De l'air! Oh! de l'air, rien que de l'air!
La Louve, au risque de se couper les poings, brisa les quatre carreaux d'une fenêtre qu'elle n'aurait pu ouvrir sans déranger une lourde table.