—De quoi?
—De ce que votre jolie petite visiteuse veut faire pour ma pauvre sœur.
—Je ne vous comprends pas, dit Germain surpris.
—Je vas vous expliquer cela... Tout à l'heure au greffe, j'ai rencontré le surveillant qui était de garde au parloir...
—Ah! oui, un brave homme...
—Ordinairement les geôliers ne répondent pas à ce nom-là... brave homme... mais le père Roussel, c'est différent..., il le mérite... Tout à l'heure, il m'a donc glissé dans le tuyau de l'oreille: «Pique-Vinaigre, mon garçon, vous connaissez bien M. Germain?—Oui, la bête noire du préau», que je réponds. Puis, s'interrompant, Pique-Vinaigre dit à Germain:—Pardon, excuse, si je vous ai appelé bête noire... ne faites pas attention... attendez la fin.
«—Oui donc, que je réponds, je connais M. Germain, la bête noire du préau.—Et la vôtre aussi, peut-être, Pique-Vinaigre? me demanda le gardien d'un air sévère.—Mon gardien, je suis trop poltron et trop bon enfant pour me permettre d'avoir aucune espèce de bête noire, blanche ou grise, et encore moins M. Germain que tout autre car il ne paraît pas méchant, et on est injuste pour lui.—Eh bien! Pique-Vinaigre, vous avez raison d'être du parti de M. Germain, car il a été bon pour vous.—Pour moi, gardien? Comment donc?—C'est-à-dire, ça n'est pas lui, et ça n'est pas pour vous; mais sauf cela, vous lui devez une fière reconnaissance», me répond le père Roussel.
—Voyons... expliquez-vous un peu plus clairement, dit Germain en souriant.
—C'est absolument ce que j'ai répondu au gardien: «Parlez plus clairement.» Alors il m'a répondu: «Ce n'est pas M. Germain, mais sa jolie petite visiteuse, qui a été pleine de bontés pour votre sœur. Elle l'a entendue vous raconter les malheurs de son ménage, et, au moment où la pauvre femme sortait du parloir, la jeune fille lui a offert de lui être utile autant qu'elle le pourrait.»
—Bonne Rigolette! s'écria Germain attendri; elle s'est bien gardée de m'en rien dire!