—Comme le croient aussi ceux qui vous ont fait noyer, pauvre petite. Oh! les brigands!
—Vous supposez donc toujours que ce n'est pas un accident, la Louve?
—Un accident! Oui, les Martial appellent ça des accidents... Quand je dis les Martial... c'est sans compter mon homme... car il n'est pas de la famille, lui... pas plus que n'en seront jamais François et Amandine.
—Mais quel intérêt pouvait-on avoir à ma mort? Je n'ai jamais fait de mal à personne... personne ne me connaît.
—C'est égal... si les Martial sont assez scélérats pour noyer quelqu'un, ils ne sont pas assez bêtes pour le faire sans y avoir un intérêt. Quelques mots que la veuve a dits à mon homme dans la prison... me le prouvent bien.
—Il a donc été voir sa mère, cette femme terrible?
—Oui, il n'y a plus d'espoir pour elle, ni pour Calebasse, ni pour Nicolas. On avait découvert bien des choses, mais ce gueux de Nicolas, dans l'espoir d'avoir la vie sauve, a dénoncé sa mère et sa sœur pour un autre assassinat. Ça fait qu'ils y passeront tous. L'avocat n'espère plus rien; les gens de la justice disent qu'il faut un exemple.
—Ah! c'est affreux! presque toute une famille.
—Oui, à moins que Nicolas ne s'évade. Il est dans la même prison qu'un monstre de bandit appelé le Squelette, qui machine un complot pour se sauver, lui et d'autres. C'est Nicolas qui a fait dire cela à Martial par un prisonnier sortant; car mon homme a été encore assez faible pour aller voir son gueux de frère à la Force. Alors, encouragé par cette visite, ce misérable, que l'enfer confonde! a eu le front de faire dire à mon homme que d'un moment à l'autre il pourrait s'échapper, et que Martial lui tienne prêts chez le père Micou de l'argent et des habits pour se déguiser.
—Votre Martial a si bon cœur!