—Et que voyez-vous donc ici de si surprenant, Gildas?

—Tout, Jeanike...

—Vraiment!

—Et bien d'autres choses encore!

—C'est beaucoup.

—Écoutez plutôt. Ma mère m'avait dit: «Gildas, monsieur Lebrenn, notre compatriote, à qui je vends la toile que nous tissons aux veillées, te prend pour garçon de magasin. C'est une maison du bon Dieu. Toi, qui n'es guère hardi ni coureur, tu seras là aussi tranquille qu'ici, dans notre petite ville; car la rue Saint-Denis de Paris, où demeure ton patron, est une rue habitée par d'honnêtes et paisibles marchands.»—Eh bien, Jeanike, pas plus tard qu'hier soir, le second jour de mon arrivée ici, n'avez-vous pas entendu comme moi ces cris: Fermez les boutiques! fermez les boutiques!!! Avez-vous vu ces patrouilles, ces tambours, ces rassemblements d'hommes qui allaient et venaient en tumulte? Il y en avait dont les figures étaient terribles avec leurs longues barbes... J'en ai rêvé, Jeanike! j'en ai rêvé?

—Pauvre Gildas!

—Et si ce n'est que cela!

—Quoi! encore? Avez-vous quelque chose à reprocher au patron?

—Lui! c'est le meilleur homme du monde... J'en suis sûr, ma mère me l'a dit.