Moi, Gildas, fils d'Amaël, j'écris ici bien tristement ces lignes, trois cent soixante-quinze ans après la mort de Jésus. Mon père avait toujours reculé d'année en année le jour où il ajouterait quelques mots à notre légende, n'ayant non plus que mon grand-père Roderik à transmettre à notre descendance que le souvenir d'une vie obscure, laborieuse et paisible... Il y a deux jours, mon père est mort dans notre maison, près de Karnak, après une courte maladie... Avant de quitter ce monde-ci pour aller revivre ailleurs, il m'a légué ces parchemins et ces pieuses reliques de notre famille...

J'ai dix-huit ans... si ma vie ne s'écoule pas calme et obscure comme celle de mon père et de mon aïeul, j'écrirai ici en très-grande sincérité le bien ou le mal, afin d'obéir aux dernières volontés de notre ancêtre Joël, le brenn de la tribu de Karnak, et je lèguerai à notre descendance ces reliques laissées par mes aïeux.

--La Faucille d'or d'Hêna, la Clochette d'airain de Guilhern, le Collier de fer de Sylvest, la Croix d'argent de Geneviève, et l'Alouette de casque de Scanvoch.

LA GARDE DU POIGNARD.

KARADEUK LE BAGAUDE ET RONAN LE VAGRE.


PROLOGUE.


LES KORRIGANS.--375-529.