--Non, non,--ajoutèrent à haute voix les autres guerriers du comte,--nous voulons voir étrangler l'ours... Les chiens! les chiens!... Neroweg seul ordonne ici...

--Oui, et au diable le roi!--s'écria Sigefrid,--au diable Chram, s'il s'oppose à nos plaisirs!

--Il n'y a que des brutes campagnardes qui envoient au diable leur hôte... lorsqu'il est fils de leur roi,--reprit le Lion de Poitiers d'un air menaçant.--Sont-ce là les exemples de courtoisie que tu donnes à tes hommes? Neroweg, je le crois en voyant ton majordome se hâter à cette heure, à peine le festin terminé, d'emporter ta vaisselle d'or et d'argent, de peur sans doute que nous la dérobions?

--Mes fils! mes chers fils en Christ! allez-vous recommencer à quereller? La paix, mes fils... au nom du ciel paix entre vous!

--Évêque, tu as raison de prêcher la paix; mais ces braves leudes, qui me croient opposé à leur divertissement, ne m'ont pas compris; je t'ai dit, bateleur, que je ne voulais pas te priver de ton gagne-pain.

--Grâces donc vous soient rendues, roi.

--Un instant, combien vaut ton ours?

--Il est pour moi sans prix.

--Quel que soit son prix, je te le payerai s'il est étranglé.

Cet accommodement, accueilli par les acclamations des Franks, apaisa la nouvelle querelle près de s'engager entre eux; mais Karadeuk, toujours à genoux, s'écria: