--Grand roi, aucun prix ne remplacerait pour moi mon ours; de grâce renoncez à votre projet.

--Les chiens... ah! voici les chiens...

--De ma vie je n'ai vu pareils molosses!--dit Chram.--Comte, si toute ta meute est ainsi appareillée, elle peut rivaliser avec la mienne, que je croyais, foi de roi, sans égale!

--Quels reins! quelles pattes énormes! Hein, Chram? ah! si tu entendais leur voix! les beuglements d'un taureau sont comme le chant du rossignol auprès de leurs aboiements quand ils sont aux trousses d'un loup ou d'un sanglier!

--Je gage que l'un d'eux suffit à étrangler l'ours, aussi vrai que je m'appelle Spatachair.

--Allons, l'ours à un poteau, bateleur! et commençons... je te l'ai dit, si ta bête est étranglée, je la paye.

--Illustre roi, ayez pitié d'un pauvre homme.

--Assez, assez... enchaînez l'ours au poteau, et finissons...

--Seigneur évêque, au nom de votre main bénie, que vous m'avez donnée à baiser, soyez charitable envers ce pauvre animal...

--Est-il donc un chrétien pour que je lui sois charitable? Ah! bateleur! bateleur! si tu ne t'étais montré un pieux homme, je prendrais cette prière pour un outrage...