—Ce serait notre droit.
—Votre droit!
—Les autres provinces sont gauloises comme nous, notre devoir est de les provoquer, de les aider à briser le joug des rois franks; mais les gens sensés pensent que le moment n'est pas venu. Depuis quatre siècles, les prêtres catholiques ont façonné les populations à l'esclavage; des siècles se passeront, hélas! avant qu'elles se réveillent; mais écoute, Karl, tu as confiance en ma parole et en mon influence sur mes compatriotes?
—Ne voulais-je pas te renvoyer vers eux?
—Tu l'avoues, il est dangereux pour toi, d'être forcé de maintenir en Bretagne une partie de tes meilleures troupes?
—Où veux-tu en venir?
—Rappelle ton armée, je te donne ma parole de Breton, et je suis autorisé à te la donner au nom de nos tribus, que, jusqu'à ta mort, nous ne sortirons pas de nos frontières.
—Par le roi des cieux! la raillerie est trop forte! Me prends-tu pour un sot? Ne sais-je pas que si, retirant mes troupes, je vous accorde une trêve, vous en profiterez pour vous préparer à recommencer la guerre après ma mort?
—Oui, si tes fils ne respectent pas nos libertés.
—Moi, vainqueur, consentir à une trêve honteuse! consentir à retirer mes troupes d'un pays que j'ai dompté avec tant de peine!