Octave s'inclina. L'empereur dit alors à Amael:—La lune s'est levée, elle éclaire suffisamment la route. Monte à cheval avec ton petit-fils, suis cette allée jusqu'à ce que tu te trouves dans un carrefour; tu t'y arrêteras; c'est là que, par mes ordres, l'on viendra bientôt te chercher pour te conduire au pavillon d'où tu partiras demain au point du jour. Que ton peuple soit fidèle à ta parole, je serai fidèle à la mienne. Si tu trouves que l'empereur Karl mérite que l'on dise quelque bien de lui, dis-le en ton pays. Et maintenant, adieu.

Amael alla rejoindre son petit-fils, qu'il trouva profondément pensif, assis au bord de la route, sur un tronc d'arbre, sa figure cachée dans ses mains; il pleurait silencieusement et n'entendit pas le vieillard s'approcher de lui.—Allons, mon enfant,—lui dit Amael, d'une voix douce et grave,—remontons à cheval et partons.

—Partir!—dit Vortigern, en tressaillant et se levant brusquement, et essuyant du revers de sa main son visage baigné de larmes.—Partir?... déjà?

—Oui, mon enfant, demain nous nous mettons en route pour la Bretagne, où tu reverras ta mère et ta sœur. La noblesse de ta conduite a porté ses fruits; nous sommes libres; Karl rappelle ses troupes de l'Armorique.


Mon aïeul Amael, peu de temps après notre retour d'Aix-la-Chapelle, a écrit ce récit que j'ai joint à la légende de notre famille. Moi, Vortigern, j'ai vu mourir mon grand-père à l'âge de cent cinq ans, peu de temps après mon mariage avec la douce Josseline. Karl le Grand est mort à Aix-la-Chapelle, l'année 814.


Les Pièces de monnaie karolingiennes

Épilogue

Le défilé de Glen-Clan.—Le marais de Peulven.—La forêt de Cardik.—Les landes de Kennor.—La vallée de Lokfern.