—Non, madame.
—Et vous, Gontran?
—J'ignore complétement...
—Eh bien! moi, je le sais; je viens de chez le notaire de M. d'Orbeval, qui est aussi le mien; il paperassait, devinez quoi... Je vous le donne en cent... je vous le donne en mille.
—Mais, ma tante..
—Il paperassait des titres, des donations pour Ursule,—dit mademoiselle de Maran en riant aux éclats,—pour Ursule, qui se marie.
—Ursule se marie... sans me l'écrire!... Dans sa dernière lettre elle ne m'en disait pas un mot!—m'écriai-je avec une douloureuse surprise.
—Attendez donc... attendez donc; tout à l'heure Pierron, après avoir ouvert la porte cochère, m'a remis quelques lettres que j'ai mises dans mon sac sans les regarder; il y en a peut-être une d'Ursule pour vous.
Mademoiselle de Maran fouilla dans son sac, en tira trois lettres, lut leurs adresses, et dit:—En effet... en voici une timbrée de Tours pour vous.
—Madame,—dit M. de Lancry à ma tante,—ce que je vais avoir l'honneur de vous dire est bien grave. Je choque sans doute les usages reçus en abordant un tel sujet sans préparation; mais je suis si heureux, et surtout si jaloux de jouir le plus tôt possible du privilége qui me sera peut-être accordé... que je viens, sûr de l'agrément de mademoiselle Mathilde, vous demander sa main.