Il dut lire sur mon visage une partie des émotions violentes qui m'agitaient et que je réprimais avec peine.
Assise près d'une croisée, je regardais dans le jardin en attendant que M. Lugarto prît la parole.
Après un assez long silence, il s'assit à côté de moi et me dit brusquement:
—Vous avez été très-malade; j'ai été bien inquiet de vous; cela m'a fait une peine que vous ne sauriez croire.
—Je sais, monsieur, tout l'intérêt que vous me portez,—lui dis-je en souriant avec amertume.
—Vous me haïssez donc toujours?
—Monsieur...
—Eh! mon Dieu! pourquoi le nier? Pourtant, que vous ai-je fait?
—Je n'ai pas à répondre à de pareilles questions, monsieur!
—Mais, enfin, on dit aux gens ce que l'on a contre eux. Depuis que vous êtes à Paris, j'ai toujours tâché de vous être agréable.