—Madame de Lancry et moi... nous irons dîner chez vous, monsieur...—répondit Gontran avec un effort désespéré.
M. Lugarto sortit en me jetant un regard de triomphe infernal.
CHAPITRE XIV.
EXPLICATION.
Après le départ de M. Lugarto, ni moi ni Gontran nous n'eûmes le courage de dire un seul mot; je tombai dans un abîme de réflexions désolantes.
Il était donc vrai, un mystérieux, un terrible secret mettait M. de Lancry dans la dépendance de M. Lugarto.
Pour la première fois, mon mari avait parlé de se tuer; cette horrible pensée ne m'était jamais venue à l'esprit; je frémissais en songeant à la résolution de Gontran.
J'avais ressenti au cœur un coup bien douloureux lorsqu'il s'était écrié, en s'adressant à M. Lugarto:—Sans la crainte de vous coûter une joie infernale, je me serais déjà tué.
Hélas! et moi, il oubliait donc que je lui survivais?... Alors je me reprochai amèrement d'être comptée pour si peu dans la vie de Gontran; je me reprochai de l'avoir pour ainsi dire mal aimé.