—Non, madame.

Qu'était devenu ce messager? que voulait-il apprendre à M. de Lancry?

Je commençais à être inquiète de me trouver dans cette maison isolée, avec des gens que je ne connaissais pas.

Je regrettais surtout de n'avoir pas Blondeau avec moi. Était-ce M. Lugarto qui me poursuivait? En admettant cette hypothèse, j'étais à peu près rassurée; sa voiture devait s'être brisée au milieu de la route, et il ne pouvait continuer son chemin; mais si je m'étais trompée? mais si à sa place M. de Mortagne...

Cette pensée était affreuse, je ne voulus pas m'y appesantir.

La femme qui m'avait reçue me demanda si je voulais qu'elle me servît à souper. J'étais partie de Paris sans dîner... La fatigue m'accablait, je me décidai à manger pour reprendre mes forces.

Cette femme sortit.

Le salon où je me trouvais était meublé avec élégance, tendu de rouge et éclairé par de nombreuses bougies placées dans des candélabres dorés.

Je reconnus le goût de Gontran à certains détails; je n'osais croire encore que pendant longtemps peut-être j'habiterais cette demeure avec M. de Lancry.

Bientôt la femme qui m'avait ouvert m'apporta une petite table servie avec recherche, en me disant que M. de Lancry avait lui-même commandé le souper.