Bientôt je m'endormis d'un profond sommeil.


CHAPITRE V.

LES ADIEUX.

Le lendemain à mon réveil, je crus avoir fait un songe; mais la vive douleur que me causait ma blessure me rappela la terrible scène de la nuit précédente.

Mon premier mouvement fut de remercier encore Dieu qui m'avait sauvée, qui m'avait rendu Gontran.

Les mystères odieux qui m'avaient si longtemps affligée étaient éclaircis; je ne doutai plus que mon mari, désormais tranquille et rassuré, ne redevînt pour moi ce qu'il avait été dans les premiers jours de notre union.

J'attribuai à la funeste influence de M. Lugarto toutes les peines que Gontran m'avait involontairement causées. N'était-ce pas pour obéir à son mauvais génie qu'il s'était occupé de madame de Ksernika?

D'abord, je l'avoue, je redoutais d'appesantir ma pensée sur l'acte fatal qui avait mis M. de Lancry dans la dépendance de M. de Lugarto.

Pourtant, voulant en finir avec ces pénibles réflexions, j'envisageai courageusement la conduite de Gontran. Je cherchai à la pallier par tous les raisonnements possibles.