—C'est agréable, et surtout d'un excellent effet pour vos gens,—me dit Gontran.—A votre aise... ma chère amie...
Il sortit pour aller se mettre à table......
. . . . . . . . . .
Après le départ de mon mari, je rentrai dans ma chambre, et je fondis en larmes.
Rien n'avait pu le toucher; j'en avais la certitude. Il ne soupçonnait même pas l'étendue des chagrins qu'il me causait. Dans mes plaintes, il ne voyait qu'une exaltation vague, romanesque; tout espoir de l'apitoyer était à jamais perdu pour moi.
Malgré son égoïsme, malgré sa personnalité, il n'eut pas été absolument insensible à mes souffrances, s'il les eût comprises.
—Si je ne vous parle plus le tendre langage d'autrefois, c'est que vous ne me l'inspirez plus,—m'avait-il répondu.
C'était là une de ces révélations écrasantes qui se dressaient entre moi et l'espérance comme un mur d'airain.
Dans mon abattement je ne savais que répondre; hélas! j'avais dix-huit ans à peine... et devant moi la vie... la vie tout entière...
Et encore je me disais que je n'étais peut-être qu'au commencement de mes chagrins. Je pouvais déjà les comparer... en me souvenant des tortures de la jalousie... j'avais peut-être tort de me plaindre.