Pourquoi M. de Brévannes se serait-il défié d'Iris? Pourquoi l'aurait-il crue capable d'une si étrange supercherie? Quant à la princesse, dans quel but aurait-elle écrit ces pages que personne ne devait lire?
En supposant que, d'accord avec Iris, elle eût autorisé cette communication afin de persuader à M. de Brévannes que ses torts étaient effacés par l'amour, un tel dessein ne pouvait que le flatter.
On comprendra donc qu'il continua la lecture du livre noir avec un intérêt et un espoir croissants.
«Que me veut donc cet homme? Il est parvenu à se ménager une entrevue avec Iris; pauvre enfant, simple et ingénue; il lui a proposé de se charger d'une lettre pour moi, elle a refusé? Que peut-il donc me vouloir?... quelle est donc son audace? comment supporterait-il mon regard?
«Cet homme est fou... qu'a-t-il à me dire? penserait-il à excuser sa conduite? mais je....
«Hier, je n'ai pu continuer; j'ai été interrompue par l'arrivée de mon mari.
«Le prince a donc toute sa vie étudié les effets de la douleur pour porter des coups plus assurés. Mais c'est un monstre... mais il a des raffinements de tortures inouïs.... Oh! maintenant, je comprends pourquoi je ne hais pas assez M. de Brévannes... toute ma haine s'est usée contre mon bourreau.
«Et être pour la vie... pour la vie enchaînée à cet homme!... Ne pouvoir briser ces liens odieux... que par la mort....
«Oh! qu'elle me frappe donc, qu'elle me frappe bientôt... puisqu'il faut que l'un de nous deux meure pour rompre cette horrible union, que ce soit moi... plutôt que mon mari...»
M. de Brévannes frémit à ces paroles, et s'écria en s'adressant à Iris: