Le 7. — Je viens d’écrire à Félicité. C’est toujours livre ou plume que je touche en me levant, les livres pour prier, penser, réfléchir. Ce serait mon occupation de tout le jour si je suivais mon attrait, ce quelque chose qui m’attire au recueillement, à la contemplation intérieure. J’aime de m’arrêter avec mes pensées, de m’incliner pour ainsi dire sur chacune d’elles pour les respirer, pour en jouir avant qu’elles s’évaporent. Ce goût me vint de bonne heure. J’étais enfant que je faisais de petits soliloques qui auraient bien leur charme si je les retrouvais ; mais allez chercher les choses de l’enfance !

Allez chercher des eaux à la source tarie !

La petite Morvonnais m’envoie un baiser, me dit sa mère. Que lui donnerai-je en retour d’aussi pur, d’aussi doux que son baiser d’enfant ? Il me semble qu’un lis m’a touché la joue.

Que ne puis-je accourir, enfant, quand tu m’appelles,

Quand tu me dis : je t’aime et te veux caresser ;

Et que tes petits bras, comme deux blanches ailes,

S’ouvrent pour m’embrasser !

De blancs agneaux que j’ai me caressent souvent,

Une colombe aussi sur mes lèvres se joue ;