Le 4 décembre, à Nevers. — Elle repose, ma chère malade, le visage tourné vers le mur. Quand je ne la vois plus, que voir, que regarder dans cette chambre ? Mes yeux ne se portent qu’au ciel et sur son lit. Sous ces rideaux je vois tout ce que je puis aimer ici.

Peut-être je m’attendris trop à ce chevet dans cette chambre, tiède atmosphère de larmes. Pour en sortir, je vais me jeter dans mes écritures, mes lectures religieuses qui fortifient. Sœur de charité, il ne me faudrait pas tomber malade.


Le 5. — Toujours plus faible, atonie complète, espoir inutile de distraction. Oh ! quand l’âme aussi est atteinte !

Pas de monde aujourd’hui, et j’ai pu lire. Commencé les Contes fantastiques d’Hoffmann, qui m’amusent. Il s’y trouve de piquantes railleries, de malicieux aperçus sur les hommes et les choses.


Le 7. — J’ai reçu de *** un paquet cacheté. Tristes et précieuses reliques déposées en mon cœur avec larmes. C’était le jour des dépôts. De mon côté et sans aucune pensée d’imitation, puisque je ne m’attendais pas à ce qui s’est passé, j’ai remis entre les mains d’un saint prêtre des papiers à moi ; j’ai voulu décision sur un doute. O mes pauvres pensées, que je n’ose plus juger ! Que Dieu les juge !

Ma pauvre amie ! Elle a parlé de recevoir les sacrements et autres choses de mort. La petite croix que je lui ai passée au cou lui a fait plaisir, je la lui ai vu baiser souvent. Hélas ! un autre mourant a collé là-dessus ses lèvres !