Le Journal est suivi de quelques lettres également remplies du souvenir de Maurice. C’est pourquoi nous les avons choisies parmi toutes celles qui nous ont été communiquées. Il en existe un nombre considérable. Autour de Mlle de Guérin, parents, amis, et quelquefois même des étrangers, tout le monde voulait avoir de ses lettres. On y trouvait une joie pour l’esprit, un trésor pour l’âme. Elle ne savait pas se défendre de telles demandes, et ce n’était pas trop de la facilité merveilleuse dont elle était douée pour suffire à l’activité d’une telle correspondance. Une grande partie de ces lettres existe encore ; nous en avons vu beaucoup, on nous en a fait espérer d’autres, et si ce volume trouve dans le monde l’accueil qu’il mérite et sur lequel nous avons toujours compté, peut-être nous sera-t-il permis d’en donner plus tard un recueil complet.

Alors nous croirons avoir rempli notre tâche et élevé, nous aussi, à deux mémoires qui nous sont chères et sacrées, et à l’honneur des lettres françaises, un monument.

Août 1862.


Le double espoir exprimé à la fin de cette préface a été rempli.

Huit éditions épuisées en seize mois ; les éloges spontanés et unanimes de la critique, non-seulement à Paris, mais dans toutes les provinces et à l’étranger ; enfin le suffrage de l’Académie française, ont consacré le succès du Journal de Mlle Eugénie de Guérin.

En même temps, le zèle pieux de M. Trebutien ne s’est pas ralenti. Les lettres qu’il attendait lui sont venues, assez intéressantes et assez nombreuses pour que le choix qu’il en prépare forme bientôt tout un volume destiné à faire suite au Journal et à recueillir les mêmes sympathies.

Dès à présent, nous réservons les dix-neuf lettres qui terminaient ce volume dans les éditions précédentes, pour les mettre à leur place dans le recueil nouveau que les nombreux admirateurs de Maurice et d’Eugénie de Guérin attendaient avec impatience, et que nous sommes heureux de pouvoir leur promettre pour le courant de cette année.

D. et Cie.