Les substantifs aujourd'hui terminés en recevaient tous le t euphonique. Il suffit d'ouvrir un manuscrit d'une date un peu reculée, pour en trouver des exemples à foison. Le livre des Rois, celui de Job, les sermons de saint Bernard, n'offrent pas un seul de ces substantifs désarmé de sa consonne finale.

—«Li fruiz la nativiteit de Nostre Seignor… S. Johan buit lo boyvre de salveteit…»

(Saint Bernard, p. 542.)

—«Li pecchiez d'enfermeteit et de non sachance… la volenteit et l'oyvre de salveteit…»

(Ibid., p. 544.)

—«Cil ki a l'umaniteit ajosteit le nom de Deu.»

(Ibid., p. 548)


Fallot avait déjà signalé ce t final comme la marque d'une haute antiquité dans le manuscrit, mais il n'en avait pas reconnu l'usage régulier ni l'origine. Il ne le constate qu'aux substantifs en , et ne le remarque pas à la fin des substantifs et participes en u, comme escut, vertut, pendut, où il joue le même rôle.

L'escut li fraint e l'osberc li derumpt.