Il est certain que l'on prononçait encore au commencement du XVIe siècle le pong, si l'on écrivait le poing. Dans la bataille de Marignan, mise en musique, en 1515, par Clément Jennequin:
Aventuriers, bons compagnons,
Ensemble croisez vos tromblons.
Nobles, sautez dans les arçons,
Frappez dedans la lance au poing,
La lance au poing hardis et prompts.
On voit combien Voltaire se trompe lorsqu'il accuse notre vieille langue de barbarie précisément au sujet de ces affreux sons en oin:—«Le plus insupportable reste de la barbarie welche et gauloise est dans nos terminaisons en oin… Il faut qu'un langage ait d'ailleurs de grands charmes pour se faire pardonner ces sons qui tiennent moins de l'homme que de la plus dégoûtante espèce des animaux.»
(Dict. phil., art. FRANCE.)
Cet oin, qui révolte à si juste titre l'oreille de Voltaire, est indubitablement d'invention moderne; les Welches et les Gaulois ne le connaissaient pas: c'est ce qu'on appelle un progrès.