Assez esteit la cupe meindre.

(Benoît, II, p. 522.)

La cupe se prononçait la coupe, du latin culpa.

On écrivait aussi coulpe, en rapprochant l'orthographe de l'étymologie et de la prononciation.

Je suis donc d'un avis directement opposé à celui de M. Ampère: il croit que u fut le son primitif, et qu'il fallut se mettre en peine de chercher une notation pour marquer le son ou. Je suis persuadé que le son primitif de l'u fut ou, et qu'il fallut au contraire trouver une combinaison orthographique pour affaiblir ce son, et le réduire à l'u actuel.


Le moyen qu'on y employa fut celui qu'on avait déjà appliqué aux voyelles a, e, o; on se servit de l'i, mis, comme pour l'e, tantôt à la première place, tantôt à la seconde.

Je vois qu'au XIIe siècle, la terminaison du participe passé en u, celle du prétérit de certains verbes, comme il but, il fut, s'écrivait par ui:

—«Saint-Johan buit aussi lo boyvre de salveteit.» (Saint Bernard, p. 548.)

—«Mais por mi at perduit une grant partie d'engeles et toz les homes.» (Ibid., 524.)