—«… E le curre ki faid fud en la reverence al soleil fist ardeir.»
(P. 427.)
Il n'est peut-être pas inutile d'observer que ardre se trouve ici dans le corps d'une phrase, et ardeir à la fin. Le premier fait mieux couler le discours, le second l'arrête plus net.
Quant aux terminaisons en ir et en oir, quel principe en décidait l'emploi plutôt que celui de er? Il y en avait un certainement. On se réglait apparemment sur la voyelle du latin; car il ne faut pas s'imaginer que ces substitutions de voyelles se fissent au hasard; tout était prévu, et ce qui confond de la part de ces prétendus barbares, c'est de les trouver observateurs si ponctuels de lois si minutieuses.
A se traduisait généralement par e:—Amare, aimer;—laudare, louer.
E, par i:—Implere, emplir;—fallere, faillir;—jacere, gésir;—quærere, querir;—legere, lire;—dire, fleurir, etc.
Ou bien par oi:—sapere, savoir;—cadere, chaoir;—sedere, seoir;—vedere, veoir;—recevoir, mouvoir.
L'i long de l'infinitif latin demeurait i en français. Salire, mentiri, sentire, audire, ferire, etc.; saillir, mentir, sentir, ouir, férir, venir.
Cette dernière disposition est remarquable en ce que, par une loi précisément contraire, hors des verbes, l'i latin se change en e français: mihi, sibi, tibi, me, te, se;—si dubitatif, se;—nisi, nes;—ubi, ove (première forme de où);—illic, illec;—in, en;—inter, entre, etc.; d'où l'on peut tirer une indication utile pour reconnaître l'âge des mots composés. Dans les mots formés à une bonne époque, in, inter, sont toujours traduits en, entre: engager, enhardir, emmancher, engendrer, entretenir, entreprendre, ont été faits par des gens qui savaient la règle, ou du moins en conservaient la tradition; mais inventer, introduire, inspirer, instruire, imprimer, interdire, intervenir, intéresser, etc., portent le cachet moderne.